"Mais d'où viennent ces étranges jours où le temps semble prendre son temps ?"

"Mais d'où viennent ces étranges jours où le temps semble prendre son temps ?"
Cours de philo très constructif :

Envie d'écrire - J'arrive pas à suivre. Qu'écrire ? S'enfermer dans l'écriture automatique. J'écoute quand même. J'écoute ? Peut-être pas. Elle parle, Gaudérique parle, elle répond. Ca parle de soi, d'autrui, d'exister, tout cela est si fou. Je veux des vacances ; c'est la première fois de ma vie − oui. Je veux des vacances mais des vraies, des sans devoirs, sans rien à rattraper, sans rien à faire que s'amuser. Ou se reposer, au choix − les deux, se crever, s'amuser, se reposer, tout en même temps et avec tout le monde − même des gens que je n'aime pas pas s'ils le veulent − je m'en fous. Je ne les aimerais pas plus mais m'énerver sur des gens ne me dérange pas, je veux juste n'avoir aucune obligation scolaire. Rien, rien, rien à connaître, rien à savoir, rien à faire. Je veux même bien avoir des cours de temps à autres, mes profs me manqueraient trop dans le cas contraire, je me connais. Juste aller au théâtre, voir des gens. Mes gens, avoir des projets à mener à bien − le film, l'album − tous mes gens, les très importants comme les moins importants, tous ensembles en une partie de loup-garou interminable, dans des vacances interminables, tous vivre ensemble même s'ils ne se connaissent pas. Dans cette utopie, ils se connaîtraient et je les connaîtrais mieux − tout mon univers − non, pas juste mes amis, tous les gens que je choisirais, comme ça, jugeant aléatoirement de qui est nécessaire à mon épanouissement personnel. Marie devrait cohabiter avec Cadilhac − oui mais c'est drôle, parce que tu aurais le droit de t'engueuler avec elle, je filmerais. Certaines personnes ne seraient là que de temps en temps, et puis derechef. Et des nouveaux gens mais pas trop à la fois, un par un, je suis exclusive (le mot convient-il ? sans doute pas, trop tard, il est loin, à la ligne supérieure). Ça y est, j'ai fini, tout est dit, je n'en demande pas plus. Pourtant je veux continuer à écrire, à écrire sans m'arrêter, à écrire jusqu'à ce que mon rêve se matérialise − ou jusqu'à ce que ça sonne, l'un arrivera sans doute avant l'autre, dommage. En attendant, je revendiquerais bien d'autres choses, mon hollodeck --> mon pouvoir merveilleux, ma force mentale (pourquoi je dis ça ? aucun rapport) − Ecrire afin de ne pas penser au contrôle de latin. Mon inconscient a eu le temps d'écrire un "à" la place du "afin", j'avais réussi, j'étais parvenue à sombrer mais j'ai repris le dessus tout de suite, tant pis. On ne saura jamais − bientôt la fin − on m'a demandé une feuille, je n'en ai pas. A court d'idées, cela fait une page et demie que j'écris sans m'arrêter, sans discontinuer et chaque phrase me semble être la dernière − et chaque fois une nouvelle phrase me vient alors que j'inscris le dernier mot de la précédente. Cette fois c'est la fin. Ah, ça sonne − sauvée par le gong − Je ne suis pas folle, vous savez ?

# Online seit Montag, 01. Oktober, 2007 um 16:56

Geändert am Donnerstag, 04. September, 2008 um 16:26

Happy Birthday

Happy Birthday
.....
.....Aujourd'hui, cela fait un an. Un an, jour pour jour, que ce blog a été créé. Et une minute, une minute que j'ai commencé à pleurer. Ou un an ? Depuis quand est-ce que je pleure une fois par jour ?

.....Un an que Marie m'a fait créer ce blog. Marie, à qui tous les premiers articles sont dédiés. Marie, à qui je tiens toujours autant. Sans doute plus.

.....Un an que ce blog a été créé. Un an. Le moment où je souhaiterais retourner. Quite à repasser par toutes ces épreuves. Y retourner pour revivre tout ça. Chaque instant. Pour le meilleur et pour le pire, jusqu'à ce que la mort nous sépare. Il y a un an, jour pour jour. Et je me souviens de ce jour. Tout du moins, de ces jours. Avec précision. Comme si c'était hier. La partie de loup-garou chez Guillaume. La rencontre avec Sandro. L'article qui m'est dédié sur le blog de Marie. L'article qui vient de me faire pleurer. Je t'aime. Et c'est fou, je viens de relire le commentaire que j'avais laissé alors, ça parle de la fois où tu m'as attendue à la fin des cours, de la fois où tu as forcé Pierre-Hugues à m'attendre avec toi. Où tu m'as "ramené un truc pour que je ne rentre pas seule"... J'aurais juré sur tout ce que j'ai de plus cher, que ça s'était passé au milieu de l'année... Ou en décembre. Mais non. À peine un mois après la rentrée. Cette année, même époque, je n'ai pas encore trouvé mes marques, ça veut dire que cette année va passer plus vite encore ? Ou plus lentement ? Les deux me font peur.

.....Il y a un an. Tout était si beau. Je n'étais pas encore la "grande stressée" que je suis. Il y avait une bonne ambiance, un groupe de gens que j'aimais, un groupe de gens desquels j'étais proche, tous. Avant les embrouilles. Avant toutes ces embrouilles. Je n'arrive pas à me rappeler si j'allais bien... Mais avec la distance, que c'était parfait ! (iste, ille -- près, loin -- laid, beau)

.....Ce que tu as écrit dans cet article, l'écrirais-tu encore aujourd'hui ? Pas si sûre. Pas de la même façon. Tout a changé en plus compliqué, depuis. C'était simple, avant, n'est-ce pas ? Ou est-ce moi qui rêve ?

.....Et comment je vais faire, quand il fera nuit à 18h et que je rentrerai seule ? Parce que personne n'aura songé à "me ramener un truc"... Et comment je vais faire, cette année, quand crises d'angoisses il y aura ? Maintenant que plus personne n'a besoin de moi, que plus personne ne me cherche dans la cour, pendant les pauses, que je suis la seule à les chercher, ces amis qui se suffisent à eux-mêmes... Que je les cherche sans jamais savoir s'ils sont dehors ou sur le terrain de basket. Ces amis qui en ont d'autres quand je n'ai qu'eux... Ces amis que je gonfle à chaque déprime.

.....Dur. Dur pour mon ego, dur d'accepter que plus personne n'a besoin de moi. Deux amies uniques qui de nouveau se suffisent entre elles. Qui ont toujours besoin de l'autre mais plus de moi. Je suis trop loin, restée en arrière. Restée à Balzac, cet période achevée de leur vie. On se voit toujours au moins une fois par semaine, on s'amuse toujours autant, rien n'a changé et pourtant je le sens, tout a changé. J'ai toujours besoin de vous et vous êtes toujours présentes, autant que faire se peut (c'est-à-dire en dehors du lycée) mais vous, je ne peux plus vous aider. Il ne vous viendrait plus à l'idée de m'appeler quand ça ne va pas, de m'appeler quand vous devez travailler, de m'appeler comme ça, par envie de parler.
Mais je m'égare.

.....Je parlais de l'année écoulée. Sans doute mon année la plus dure. Sans doute aussi mon année la plus belle. Si remplie, si inégalable. Je vous aime. Vous me manquez.


[Bon voyage, Morgane.]

# Online seit Sonntag, 30. September, 2007 um 19:30

Geändert am Donnerstag, 04. September, 2008 um 16:32

À la manière de Vallès ... (3/3)

À la manière de Vallès ... (3/3)
Et pour finir, le troisième "à la manière de" que j'ai pris du plaisir à faire (contrairement à Baudelaire, Ronsard-Queneau et Flaubert donc) -- celui qui doit regrouper tous les autres. J'avais réussi à choper 3 devoirs en plus du mien à l'époque. Dont Hadriana et Léa, les meilleurs devoirs de la classe me semble-t-il... Enfin bien entendu, je n'en ai lu que très peu. Si vous avez encore le vôtre et que vous acceptez que je le publie, n'hésitez pas ! (comme d'ailleurs pour Montesquieu et Laclos.)
Donc comme d'hab', le texte original, puis les devoirs. Enjoy !



Jules Vallès, L'Enfant


.....On nous a donné l'autre jour comme sujet – « Thémistocle haranguant les Grecs ». Je n'ai rien trouvé, rien, rien !
.....« J'espère que voilà un beau sujet, hé ! » a dit le professeur en se passant la langue sur les lèvres, – une langue jaune, des lèvres crottées.
.....C'est un beau sujet certainement, et, bien sûr, dans les petits collèges, on n'en donne pas de comme ça ; il n'y a que dans les collèges royaux, et quand on a des élèves comme moi.
.....Qu'est-ce que je vais donc bien dire ?
.....« Mettez-vous à la place de Thémistocle. »
.....Ils me disent toujours qu'il faut se mettre à la place de celui-ci, de celui-là, – avec le nez coupé comme Zopyre ? avec le poignet rôti comme Scévola ?
.....C'est toujours des généraux, des rois, des reines !
.....Mais j'ai quatorze ans, je ne sais pas ce qu'il faut faire dire à Annibal, à Caracalla, ni à Torquatus, non plus !
.....Non, je ne le sais pas !
.....Je cherche aux adverbes, et aux adjectifs du Gradus, et je ne fais que copier ce que je trouve dans l'Alexandre.
.....Mon père l'ignore, je n'ai pas osé l'avouer.
.....Mais lui, lui-même ! (Oh ! je vends un secret de famille !) j'ai vu que ses exercices à lui, pour l'agrégation, étaient faits aussi de pièces et de morceaux. – Sommes-nous une famille de crétins ?...
.....Quelquefois il compose un discours où il faut faire parler une femme. – Les plaintes d'Agrippine, Aspasie à Socrate, Julie à Ovide.
.....Je le vois qui se gratte le front, et il touche sa barbe avec horreur ; – il est Agrippinus, Aspasios, il n'est pas Aspasie, il n'est pas Agrippine, – il se tord les poils et les mord, désespéré !
.....Je sens toute l'infériorité de ma nature, et j'en souffre beaucoup.
.....Je souffre de me voir accablé d'éloges que je ne mérite pas, on me prend pour un fort, je ne suis qu'un simple filou. Je vole à droite, à gauche, je ramasse des rejets au coin des livres. Je suis même malhonnête quelquefois. J'ai besoin d'une épithète ; peu m'importe de sacrifier la vérité ! Je prends dans le dictionnaire le mot qui fait l'affaire, quand même il dirait le contraire de ce que je voulais dire. Je perds la notion juste ! Il me faut mon spondée ou mon dactyle, tant pis ! – la qualité n'est rien, c'est la quantité qui est tout.
.....Il faut toujours être près du Janicule avec eux.
.....Je ne puis cependant pas me figurer que je suis un Latin.
.....Je ne puis pas !
.....Ce n'est pas dans les latrines de Vitellius que je vais, quand je sors de la classe. Je n'ai pas été en Grèce non plus ! Ce ne sont pas les lauriers de Miltiade qui me gênent, c'est l'oignon qui me fait du mal. Je me vante, dans mes narrations, de blessures que j'ai reçues par devant, adverso pectore ; j'en ai bien reçu quelques-unes par derrière.
.....« Vous peindrez la vie romaine comme ci, comme ça... »
.....Je ne sais pas comment on vivait, moi ! Je fais la vaisselle, je reçois des coups, j'ai des bretelles, je m'ennuie pas mal ; mais je ne connais pas d'autre consul que mon père, qui a une grosse cravate, des bottes ressemelées, et en fait de vieille femme (anus), la mère Gratteloux qui fait le ménage des gens du second.
.....Et l'on continue à dire que j'ai de la facilité.
Chapitre XX : « Mes humanités ».

------------

« À la manière de Vallès vous rédigerez une critique des "à la manière de" qui vous ont été donnés tout au long de l'année. »

------------

Anna


.....Dans un monde utopique, je lirais Margaret Atwood, je mangerais des macarons, je boirais du champagne, j'écouterais Vivaldi, je...
.....« Vous comprenez ? » Mon monde chimérique s'écroule.
.....« C'est compris ? Non..., ce n'est pas compris là » reprend-t-elle pour elle-même, avant que nous puissions répondre. Elle se lance à nouveau dans ce qu'elle préfère aux écritures d'inventions : pouvoir nous expliquer son dernier sujet trouvé tout en regardant nos mines abasourdies.
.....« Ce sera votre “à la manière de” de Vallès, mais moderne, contre moi, Vallès, professeur ; » dit-elle, le sourire aux lèvres, espérant sûrement que l'on croit qu'il y a un lointain, très lointain, lien de parenté entre ces deux noms « - qui vous donne cet “à la manière de” de Vallès l'écrivain, qui critique lui-même ces “à la manière de” de son temps. Euh, non... attendez. » Et elle reformule son sujet pour la troisième fois en autant de minutes. Elle-même s'embrouille face à l'absurdité de son sujet.
.....Pour la troisième fois, on vient de nous donner un “à la manière de”. Laclos, Queneau, Montesquieu – et maintenant Vallès ! Jules ! c'est bien la preuve que trois siècles plus tard, les professeurs n'ont toujours pas changé leurs mauvaises habitudes : les sujets tordus.
Quelle idée de vouloir forcer un adolescent à se mettre dans la peau d'un homme de vingt ans son aîné, qui critique les mêmes principes que l'on nous demande de juger ! Que ce soit Aristote, Platon ou Socrate, l'on y parvient par la même démarche, en se mettant à la place de... Quel en est donc l'intérêt ? Allez savoir. On jurerait qu'elle s'y est mise toute la nuit, nous concoctant le plus ridicule sujet qui soit ; les yeux luisants dans la pénombre, le rictus lui déformant les traits – « J'ai trouvé ! » – avant de s'esclaffer sadiquement.
.....Un coup d'½il sur internet, par-ci, par-là. Non. Infructueux. Aucun mot saisi ne m'aidera à trouver la bonne inspiration... Les professeurs ne se rendent-ils donc pas compte que l'écriture d'untel n'est pas mieux interprétée si l'on se met “à la place de”, mais plutôt par les émotions qu'elle suscite chez son lecteur ?

------------

Hadriana (son blog)


.....« A la manière de » : exercice de rédaction consistant à imiter le style d'un auteur donné destiné aux élèves de collèges et de lycées.
.....Ben alors-là, je reste clouée sur place, abasourdie par cette chimère toute droit sortie de la cervelle d'un professeur qui devait être complètement dans les nuages. Mais qui a bien pu inventer un truc pareil ? Que quelqu'un ait pu croire qu'imiter de grands auteurs nous aiderait à mûrir intellectuellement, à former notre plume, me rend malade.
.....Surtout cette année, c'était le défilé : à la manière de Baudelaire, de Laclos dans la lettre XLVIII à double sens qu'écrit Valmont, de Montesquieu qui s'indigne contre l'esclavage, pastiche du « Carpe diem, tempus fugit » etc. Comme si je pouvais écrire comme un poète mégalo, tantôt ultra dépressif, tantôt friand de femme fatales à la limite du vampirisme qui lui donnent « des plaisirs plus aigus que la glace et le fer », ou encore comme un Dom Juan qui saute sur tout ce qui bouge grâce à sa rhétorique infaillible... Et puis, je n'en peux plus de ces vieux débris qui courent après des minettes pour leur dire de vivre l'instant présent, et plus si affinités. Le pire c'est ceux qui luttent contre des abominations et qui les entretiennent en ayant des actions dans les firmes qui les perpétuent, un peu comme nous quand on achète la paire de Nike à deux cents euros alors qu'on sait très bien qu'elle est fabriquée par des enfants qui n'ont même pas un bol de riz par jour.
.....C'est pas tout ça mais moi j'ai dix-sept ans, je suis une jeune fille du XXIème siècle, « génération micro-ondes, portable, Mcdo® & MSN® » comme on nous appelle. On n'a plus les mêmes attentes, les mêmes combats et on a besoin de vivre avec un grand « V »! Tous ces auteurs ont des personnalités propres et très complexes et se sont déjà trouvés pour ainsi dire : moi, j'ai à peine eu le temps de me chercher.
.....Et le professeur! Ce cher professeur adoré, je l'imagine déjà toute fière chancelant comme un cabri dans la salle -- « Je sens que vous allez vous amuser en traitant ce sujet. » -- un sourire sournois, emprunt de cynisme, ses couettes ocres de poupée de chiffons se balançant de gauche à droite : une espèce de Fifi Brin Dacier déchue avec des superpositions de vêtements néo-bobo extra larges, tellement larges qu'on se demande ce qui se cache en dessous. J'espère qu'on est ses ultimes victimes parce que chaque cours est une mise à mort lente.
.....Marre d'être manipulée, standardisée comme un PC, de me mettre à la place de l'un, de l'autre! On nous dit qu'il faut devenir autonome alors qu'on nous demande d'imiter des auteurs prestigieux d'une époque carrément opposée à la nôtre. Je passe la soirée à me morfondre horriblement et à trois heures du matin je me mets à produire une copie potable ; le lendemain j'arrive à l'état de mollusque cadavérique qui ne sait même plus déceler une métaphore ou une comparaison dans le texte étudié... Et on me demande encore de critiquer ces horribles exercices à la manière d'un adolescent qui les déteste tout autant que moi. On dit que les écoles sont les temples du savoir, moi je dis qu'elles ne sont que des castratrices d'esprits supérieurs. D'ailleurs, un certain rockeur d'Outre-Manche disait littéralement que les écoles étaient des prisons dans une de ses célèbres chansons.

------------

Léa (son blog)


.....Me voilà, allongée sur le canapé, le crayon en main, à attendre que l'inspiration me vienne. Espérant qu'Homère ait raison face à Baudelaire, je patiente. En vain. Vais-je donc devoir travailler jusqu'à l'aube pour pouvoir rendre un devoir potable ? Eh oui, notre chère prof de français a tenté le “à la manière de” sur ses “petites méduses gélatineuses écrabouillées sur la plage” préférées. Non mais, quelle idée a encore bien pu lui passer par la tête ? “Tiens, la fin de l'année approche à grands pas, comment puis-je les achever ?”. C'est ainsi que, ultime torture, je me retrouve à devoir imiter Vallès, dans la peau de Vingtras, et critiquer Vallès et ses “à la manière de” contre les “à la manière de” de chez Vallès, tout cela transposé à mon époque, bien entendu. Impossible de trouver plus tarabiscoté.
.....Ses yeux laissant transparaître sa jouissance de supériorité tyrannique, imaginant déjà les difficultés qu'auraient les élèves à griffonner leur devoir jusqu'au bout de la nuit, je suspecte une vengeance de ses années de lycéenne. Il est d'autant plus difficile d'imiter lors même que l'on a pas encore trouvé son propre style. Peut-on se teindre les cheveux lorsque l'on est chauve ? Alors imaginez, tantôt un dandy symboliste à la chevelure verte, tantôt un libertin amoureux, puis un “OuLiPotien” inventeur de mots et pratiquant l'intertextualité, ou encore un pseudo-philosophe illuminé prétendant critiquer les abominations de son siècle dont il tire lui même profit, et pire : un romancier réaliste anti-réalisme ! What next ? Vallès.
.....J'ignorais qu'il vivait au même siècle que Zola. Cela étant probablement dû à son style assez moderne pour l'époque. Mais alors, comment pourrais-je paraître plus moderne que la modernité elle même ? Aucune muse n'a trouvé qu'il serait de bonne grâce de me souffler ne serait-ce qu'une once d'inspiration. Ce soir, nihil quidquam, nada, niente, nichts, que dalle ! Et même si je n'étais pas seule chez moi, mes parents seraient incapables de m'aider, et mon chat ne s'est toujours pas décidé à acquérir la parole.
.....Il devrait y avoir un élixir permettant d'avoir des idées brillantes comme celles des élèves “qui devraient envisager une prépa littéraire” par exemple... Ainsi je pourrais revêtir “la peau du lion” l'espace d'un devoir, faute d'en avoir la carrure. Au lieu de cela, je deviens schizophrène. Je suis homme de lettres. Suicidaire. Avide de chair fraîche. Et après elle dit que nous voyons des psys car nous sommes plus intelligents, loin de là ! C'est de la faute aux “à la manière de”.

------------

Suz' alias die Königin der Nacht


.....Me voilà donc une nouvelle fois devant ma page toujours vierge. Encore un « à la manière de », un de plus. L'ultime, celui qui regroupe tous les autres, celui pour lequel je suis déjà plus qu'en retard. Fameux sujet de mise en abyme, « À la manière de Jules Vallès critiquant les “à la manière de”, rédigez une semonce – merci au dictionnaire des synonymes – des “à la manière de” que vous donne Vallès » qu'elle a dit ! « Lui ou elle ? » a-t-elle ajouté toute fière. Hyper tout con.
.....Pourquoi ? Mais pourquoi cet exercice ? Quelle en est la finalité ? Ecrire un poème du carpe diem : ou comment nous conforter définitivement dans notre syndrome de Peter Pan. Pensait-elle sérieusement qu'il était ... malinou de nous faire comprendre que les plus belles années de notre vie touchent bientôt à leur fin ? Ronsard, Laclos, Montesquieu (sujet qui, soit dit en passant, aurait pu convaincre « de petits esprits » et les mener ainsi à de dangereux extrêmes)... Et puis il y a eu le devoir type bac ; summum du mauvais sujet, atteint grâce à Flaubert – dieu vivant parmi les écrivains. Summum du mauvais sujet, rendu en retard. Oui ! je rends en retard, souvent même. Avouons-le, je ne suis pas douée. Mais alors pas du tout. Demandez-moi un imparfait du subjonctif, là ça devrait aller... Mais “avoir une plume”, c'est une autre paire de manches ! Non, en fait, je rectifie, le plus dur, c'est de commencer, d'oser lire le sujet sans paniquer. Elle veut se faire passer pour gentille en nous donnant ces sujets d'invention à la place des prépas, mais qu'est-ce donc d'autre que le cumul de l'analyse et de l'invention ? Deux fois plus de travail. Elle nous fait croire qu'un sujet moins scolaire est, par là même, moins restrictif ; non, c'est de la démagogie. De même, lorsqu'elle nous donne des délais supplémentaires, tout cela pour paraître conciliante, c'est simplement un manque de caractère. Caractère si faible qu'on a pu croire qu'elle voterait blanc aux dernières élections. Selon ses dires, elle a finalement choisi, mais sait-on jamais ? Elle est capable de tout, sa tenue en témoigne. Vêtements excentriques pour prof délurée.
.....Elle s'attend à quoi ? Elle voudrait peut-être que je lui dise que « je ne suis pas Vallès » comme il le fait lui-même avec les Latins, car en effet, je ne suis pas Vallès. Pas même Vallès. Lui ou elle ? Voilà qu'elle déteint sur moi !
.....Je me décarcasse pour lui rendre une belle copie qui me reviendra pleine d'effluves puants ! La cigarette, quel fléau... Passons, quelque mauvais gré que j'en aie, il me faudra bien la rendre, cette invention. Vais-je devoir y mettre de l'érotisme ? Ou dussé-je laisser cette tâche aux Anglicistes ? Ils sauront la satisfaire pleinement – voilà, elle l'a, finalement, son érotisme. Qu'ai-je donc à me plaindre ? je ne suis pas, moi, du côté ignoré de la classe, j'ai la chance de m'entendre avec les Anglicistes qu'elle interpelle si souvent à propos de leur langue pour avoir fait des lettres modernes.
.....Ce devoir est pour demain, le voilà terminé, sans doute encore bâclé.

Je tiens à préciser (parce qu'à l'époque ça avait créé un scandale) que je n'ai rien contre personne dans la classe, et certainement pas contre les anglicistes que j'adore, j'ai juste exploité ce truc qui revenait sans cesse quand on parlait de Vallès. D'ailleurs ce que je critiquais, c'était les lettres modernes parce que Jules Vallès critique les profs de lettres classiques sauf qu'Elisabeth Vallès, elle, est prof de lettre modernes (et moi je préfère les lettres classiques =P). En dehors de ça, au niveau du chouchoutage non plus, je ne pensais rien de ce que j'ai dit (d'ailleurs je le lui ai mis en note à la fin de ma copie) parce que quoiqu'en disent certains (n'est-ce pas Ornella ?), moi, elle m'a énormément sur le plan psychologique donc même si mon devoir pue la rancoeur à l'égard des "chouchoutés", sérieux, je plaisantais !

# Online seit Sonntag, 30. September, 2007 um 15:50

Geändert am Sonntag, 30. September, 2007 um 17:39

À la manière de Montesquieu ... (2/3)

À la manière de Montesquieu ... (2/3)
(Cet article ainsi que l' « À la manière de Vallès » attendaient depuis longtemps donc euh bref, ça date de l'année dernière mais j'ai écrit (1/3) sur celui des Liaisons alors je ne peux pas juste supprimer le (2/3) et le (3/3). Voilà. Et puis "les névrosés sont des gens qui restent bloqués dans le passé" comme le dit ma prof de philo, alors tant qu'à faire les choses, faisons les bien.)

De l'esclavage des nègres

Si j'avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais :
.....Les peuples d'Europe ayant exterminé ceux de l'Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l'Afrique, pour s'en servir à défricher tant de terres.
.....Le sucre serait trop cher, si l'on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves.
.....Ceux dont il s'agit sont noirs depuis les pieds jusqu'à la tête ; et ils ont le nez si écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre.
.....On ne peut se mettre dans l'esprit que Dieu, qui est un être très sage, ait mis une âme, surtout bonne, dans un corps tout noir.
.....[...]
.....On peut juger de la couleur de la peau par celle des cheveux, qui, chez les Égyptiens, les meilleurs philosophes du monde, étaient d'une si grande conséquence, qu'ils faisaient mourir tous les hommes roux qui leur tombaient entre les mains.
.....Une preuve que les nègres n'ont pas le sens commun, c'est qu'ils font plus de cas d'un collier de verre que de l'or, qui, chez les nations policées, est d'une si grande conséquence.
.....Il est impossible que nous supposions que ces gens-là soient des hommes ; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait à croire que nous ne sommes pas nous-mêmes chrétiens.
.....De petits esprits exagèrent trop l'injustice que l'on fait aux Africains. Car, si elle était telle, qu'ils le disent, ne serait-il pas venu dans la tête des princes d'Europe, qui font entre eux tant de conventions, d'en faire une générale en faveur de la miséricorde et de la pitié ?

MONTESQUIEU, De l'esprit des Lois, XV, 5 (1748)

------------

« À la manière de Montesquieu, vous feindrez d'adopter le discours et les arguments de la thèse adverse afin de démontrer, grâce à l'ironie, que ladite thèse est indéfendable. (thèse au choix) »

------------


S'il me fallait défendre la thèse qui veut que l'on renvoie les immigrés chez eux, voici quels seraient mes arguments :
.....Si Dieu, de même qu'il donna aux Hommes différentes langues à Babel, donna aux peuples des patries, c'était très certainement afin que nous restions chacun sur nos terres, or il nous faut respecter Sa volonté car Il est ce qu'Il est.
.....Nous ne sommes en aucun cas responsables des problèmes qui poussent ces étrangers à venir s'installer en France. Pas plus que nous ne sommes concernés par la pauvreté de ces pays et, de ce fait, rien ne nous oblige à les recueillir.
.....Lorsqu'Attila passait sur les terres occidentales, l'herbe ne repoussait pas. De la même façon, dans nos villes, là où les Chinois passent, nos chiens disparaissent puisque -- comme chacun sait -- les Chinois mangent les chiens ! Il est exclu de laisser de telles pratiques s'installer en France.
.....Nos enfants, encore jeunes et innocents, ne peuvent, en fréquentant ces barbares sans valeur, sans morale ! que s'éloigner du droit chemin et devenir de dangereux délinquants.
.....Leurs croyances sont différentes des nôtres et ces hérétiques semblent ne pas vouloir comprendre que nous avons raison (l'usage de la raison -- justement -- n'est vraisemblablement pas leur fort). Il ne faut pas qu'il leur soit encore possible de nous imposer leur dogme après qu'ils auront perdu l'inéluctable guerre de religion qui fera suite à la rencontre de nos différentes philosophies.
.....Il est inadmissible que les citoyens de notre grande et belle nation doivent pâtir de l'envahissement des immigrés qui nous privent de nos emplois, et, par là même, nous volent notre argent.
.....Lorsque les conquistadors sont arrivés en Amérique, de nombreux Indigènes ont péri sous le coup de maladies inconnues, massivement apportées sur le continent. De même, les Africains, en venant dans notre glorieuse nation, d'y apporter le SIDA puisque, comme le dit l'illustre Tite-Live, la race des Numides est très encline à céder à la passion, ce qui favorise la propagation rapide de cette ignominie.
.....De grandes institutions estiment que la mise en place d'une politique de retour ferait gagner plus de dix milliards d'euros à l'Etat français or nous ne sommes pas sans savoir que ces institutions en ont fort besoin, [ajout de Vallès herself :]étant donnée la politique fort dépensière de nos dirigeants.

------------

Vallès, sachant toujours trouver les mots : "nourri de culture générale et de bonne expression"... "Le meilleur devoir de la classe. Bravo" (non, j'ai pas retenu tout ce temps, c'est ce qui est écrit sur la copie). Je sais, je me la pète. Mais je n'étais pas seule. Merci Hel, merci elle.
[ Kommentar hinzufügen ] [ Kein Kommentar ]

# Online seit Sonntag, 30. September, 2007 um 11:16

Geändert am Sonntag, 30. September, 2007 um 17:22

Why would I carry such a weight on my shoulders ?

Geschichte. Meine Lehrerin ist so... -- Eine Minute. Von wem will ich denn sprechen ? Sie... Oder meine verdammt schlechte Geschichtslehrerin ? Bin ich wegen Valles oder wegen Coryn Sahli so genervt / gestresst ? Beides wahrscheinlich. Vielleicht ist es nur, weil ich gegen Michele überhaupt keine Chance hab.

Haha, warnsinnig, ich bin gerade zum schreiben, denn ich Coryn Sahli töten will und ihren Unterricht nicht übertragen kann aber als ich mein Bleistift nehme ... Kommt immer wieder eine von den Beiden auf dem Spielteppisch. Na super, Meine Gemütszustände hängen eigentlich fast nur an Sie (au pluriel). Ihr dürft Angst haben, denn ich bin selbst von mir erschrocken. Wahrscheinlich schreib ich deswegen auf Deutsch. So ist es nicht wirklich so öffentlich wie es sein könnte.







.
Why would I carry such a weight on my shoulders ?

# Online seit Donnerstag, 27. September, 2007 um 16:04

Geändert am Sonntag, 30. September, 2007 um 10:22